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L'accord avec le Mercosur, une « opportunité historique » pour les agriculteurs argentins

Le syndicat argentin SRA rejette les accusations d'utilisation d'hormones de croissance chez les bovins.

Dans l’attente de la décision de la Commission européenne concernant une application provisoire du traité commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, les agriculteurs argentins rejettent les accusations de concurrence déloyale.

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Si la prudence reste de mise, les représentants des agriculteurs argentins s’accordent sur une chose : s’il entre en vigueur, l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur représentera une « opportunité historique » pour leur secteur. « Viandes, soja, vins, fruits et produits régionaux : l’Argentine aura un espace compétitif pour croître », se félicitent les grands propriétaires terriens regroupés au sein de la puissante Société rurale argentine (SRA), syndicat représentant plutôt les grands producteurs.

Pour Lucas Magnano, président de la Confédération des coopératives agricoles argentines (Coninagro), l’équation est simple. « L’Argentine produit des aliments pour 400 millions de personnes, mais ne compte que 45 millions d’habitants », pose-t-il. Avec ce traité, les agriculteurs argentins auront accès à l’une des plus grandes zones de libre-échange du monde, plus de 700 millions de consommateurs en tout.

Une vitrine de luxe

Le représentant du monde coopératif se félicite aussi de la vitrine de luxe que cet accord représente pour les produits agricoles argentins. « Si l’Union européenne a suffisamment confiance pour signer un tel accord stratégique, cela peut ouvrir d’autres marchés au Mercosur et à l’Argentine », espère-t-il.

Encore faudra-t-il être digne de cette confiance. « Il va y avoir plus d’exigences, il va falloir être à la hauteur de cette opportunité et être compétitifs », avertit Carlos Castagnani, président des Confédérations rurales argentines (CRA), l’une des principales fédérations agricoles.

S’il dit comprendre et respecter les inquiétudes de ses confrères européens au sujet du respect des normes sanitaires, sociales et environnementales de l’Union européenne, Carlos Castagnani se veut rassurant : « On a eu des inspections de l’Union uuropéenne l’an passé, et les inspecteurs ont été surpris par la qualité de nos standards. »

Des phytos vendus par des entreprises européennes

Pour ce qui est des critiques concernant l’utilisation d’hormones de croissance chez les bovins, « elle est interdite depuis des années », rappelle Carlos Odriozola, secrétaire et directeur de la commission des viandes de la SRA. Depuis le 1er janvier dernier, un nouveau système de traçabilité électronique est obligatoire et équipera bientôt les quelque 50 millions de têtes de bétail que compte le cheptel argentin.

Sur l’utilisation de pesticides, les représentants du secteur agricole argentin pointent les contradictions des exigences européennes. Les Européens voudraient interdire aux agriculteurs sud-américains d’utiliser les produits phytosanitaires fabriqués et vendus par des entreprises européennes comme BASF, Corteva, Syngenta ou Bayer.

En ce qui concerne le volet environnemental, l’Argentine est « quasiment prête », assure Lucas Magnano de Coninagro. Et elle le sera totalement en 2027, assure-t-il, pour l’entrée en vigueur du règlement européen 1115, qui interdit la mise sur le marché de produits issus de terres déforestées.

La « compétitivité » des produits argentins

D’une manière générale, les producteurs agricoles argentins rejettent l’accusation de concurrence déloyale formulée par leurs homologues européens. En Europe, « l’agriculture est largement subventionnée », souligne Carlos Castagnani, alors que la Commission européenne a concédé une rallonge de 45 milliards d’euros sur le budget de la politique agricole commune à partir de 2028.

« En Argentine, c’est l’inverse : l’État surtaxe les agriculteurs », rappelle le président des CRA, en référence aux taxes à l’exportation : 24 % sur le soja, 22,5 % sur ses dérivés, 8,5 % sur le maïs et le sorgho.

« Nous avons des produits de qualité qui intéressent les consommateurs européens », veut croire Andrea Sarnari. Pour la présidente de la Fédération agraire argentine (FAA), qui regroupe petits et moyens producteurs, la résistance des agriculteurs européens est la preuve de la « compétitivité » des aliments argentins.

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